Des écoles aux hôpitaux, en passant par les restaurants des administrations et les services de restauration collective : les institutions publiques achètent chaque jour de grandes quantités de denrées alimentaires. L’Europe souhaite utiliser davantage ces achats comme un levier en faveur de la qualité, de la durabilité et de l’intérêt collectif. Dans ce contexte, l’alimentation biologique occupe également une place explicite.
Le 9 septembre 2026, la Commission européenne a publié une proposition visant à réformer les règles européennes en matière de marchés publics. Celle-ci accorde davantage d’importance au meilleur rapport qualité-prix, plutôt qu’au seul prix d’achat le plus bas.
Pour la restauration, l’alimentation biologique est explicitement citée comme un critère de qualité potentiel.
Il s’agit pour l’instant d’une proposition et non d’une obligation. Elle montre néanmoins dans quelle direction l’Europe souhaite aller : les achats publics ne doivent pas seulement être intéressants d’un point de vue économique, mais peuvent également contribuer à des objectifs sociétaux plus larges.
Sources : Commission européenne, COM/2026/590 final ; BioForum, 10 septembre 2026.
L’agriculture biologique est encadrée par une réglementation spécifique et repose sur des règles précises de production. L’alimentation biologique peut donc constituer un critère concret et vérifiable dans le cadre d’une politique d’achat durable.
Cela peut notamment concerner :
Le bio ne constitue toutefois qu’un élément d’une approche plus large. La Commission européenne a déjà développé des critères pour les achats publics durables de denrées alimentaires. Ceux-ci portent également sur la santé, la nutrition, le bien-être animal, les produits équitables et éthiques, le gaspillage alimentaire, les circuits courts et les conditions de travail.
La restauration durable concerne donc l’ensemble de la manière dont les aliments sont achetés, préparés et servis.
Source : Joint Research Centre de la Commission européenne, Criteria for Sustainable Public Procurement for Food, Food Services and Vending Machines.
Un prix d’achat bas ne reflète pas nécessairement le coût réel d’un aliment. L’alimentation a également un impact sur la santé, l’environnement, l’agriculture et l’ensemble de la chaîne alimentaire.
Dans ce contexte, le secteur biologique fait référence à des recherches selon lesquelles chaque euro consacré à une restauration collective durable pourrait générer jusqu’à 35 euros de coûts de santé annuels évités.
Cette affirmation mérite toutefois d’être nuancée. Cela ne signifie pas qu’un consommateur économise personnellement 35 euros de frais de santé pour chaque euro dépensé en alimentation biologique. Il s’agit de l’impact potentiel à l’échelle de la société d’une restauration collective plus durable.
La question dépasse donc le simple :
« Combien coûte cet aliment ? »
Elle devient aussi :
« Quelle valeur ce choix crée-t-il ? »
Source : BioForum, citant notamment IFOAM Organics Europe.
Les institutions publiques représentent d’importants acheteurs. Lorsqu’elles choisissent des produits biologiques et durables, elles peuvent contribuer à renforcer la demande pour une production alimentaire plus durable.
Ces choix peuvent également favoriser des collaborations locales. Le projet ZoBio de BioForum a par exemple mis en relation des agriculteurs biologiques et des établissements de soins afin de développer l’approvisionnement des cuisines de soins en produits biologiques locaux.
Une décision d’achat peut ainsi aller bien au-delà de la cuisine. Elle peut contribuer au développement d’une chaîne alimentaire plus durable et plus locale.
La réglementation européenne est encore en cours d’élaboration. Une tendance se dessine néanmoins clairement : la durabilité et la qualité prennent une place croissante dans les achats publics de denrées alimentaires.
Pour le bio, cette évolution ouvre des perspectives. Non pas parce que l’agriculture biologique serait l’unique réponse à une restauration durable, mais parce qu’elle constitue un critère clair et réglementé au sein d’une stratégie alimentaire durable plus large.
Pour Marma, cette évolution souligne surtout l’importance de l’expertise en alimentation biologique, en assortiment et en distribution. En tant que distributeur belge de produits biologiques et écologiques, nous souhaitons accompagner les professionnels dans la mise en place de choix durables, tout en tenant compte des réalités pratiques de leur activité.
Les achats alimentaires publics sont bien plus qu’une simple transaction. Ils participent aussi à construire la chaîne alimentaire de demain.
BioForum, Nieuw Europees voorstel rond publieke overheidsopdrachten schuift meerwaarde bio naar voor, 10 septembre 2026.
Commission européenne, COM/2026/590 final, 9 septembre 2026.
Joint Research Centre de la Commission européenne, Criteria for Sustainable Public Procurement for Food, Food Services and Vending Machines, 2025.
BioForum, ZoBio.